Cherbourg > Camaret

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C'est sous le soleil que le Mambo Tango a accueilli Alice, Mark, Denis, Natale et Daniel (le deuxième du nom). Après un avitaillement rondement mené, nous avons appareillé le jour même sous une jolie brise pour un mouillage à l'île anglo-normande d'Aurigny.

 

Après une (trop) courte nuit de repose, départ matinal et néanmoins tardif, pour Guernsey par le Swynge. « Tardif »,car les courants dans le sud de ce passage formaient une mer très dure, rugueuse même. L'arrivée dans le Petit Russel, chenal d'accès à Guernsey, contre un léger courant mais vent dans le nez a nécessité un fort appui du moteur.
Visites diverses des pubs, de la tour Victoria, la maison de Victor Hugo (absent et donc fermée), du shipchandler et petit déj britannique au White Rock Café, avant de reprendre vers les côtes bretonnes et un mouillage aussi inconfortable que spectaculaire à Port Blanc, d'où nous avons rangé le lendemain la côte de granite rose pour faire escale à Trébeurden, juste pour faire le plein de diesel et prendre une douche.
A départ nous croisons un pêcheur à qui nous demandons s'il a des étrilles. Sa réponse positive provoque arrêt d'urgence, négociations et départ avec un sac plein de ces petites bêtes qui seront dévorées au mouillage de l'île de Batz. (Entre temps, belle démonstration de prise de coffre à l'aide d'une gaffe humaine par un bateau des Glénans: suspendre un jeune stagiaire athlétique par les pieds au balcon avant et s'arrêter sur le coffre!) Mais revenons-en aux étrilles, qui étaient délicieuses et le début de notre croisière gastronomique.
Après un départ à la voile, pilotage dans le chenal à terre de Batz, nous mettons au moteur vers l'Aber Benoît où nous espérons acquérir des homards auprès de viviers renommés. Mais nous découvrons que l'aber, dont l'accès requiert un pilotage attentif, est inhospitalier: encombré de corps -morts pour les petites embarcations locales, nous n'y trouvons pas une superficie libre de petites barques où il serait possible de mouiller l'ancre, ni aucun corps-mort « visiteur ».
Après une nuit calme sur un mouillage portant l'étiquette « Private – Do not moor », mais personne ne semblait connaître cette langue, du breton sans doute, nous sommes parti sans regrets, si ce n'est celui de devoir le faire au moteur, pour l'île de Molène, réputée pour ses crabes!
Et quels crabes! Le plateau de fruits de mer est un festival de tourteaux, d'araignées, d'étrilles et de crevettes roses agrémenté de quelques huitres de Bretagne.
Nous nous en pourléchions encore les babines le lendemain matin lors du délicat passage dans le chenal de la Chimère pour rentrer à Camaret à temps pour visiter un écailler (une écaillère en l'occurrence) afin de négocier quelques huitres et six homards avec elle. Encore un mémorable repas préparé à bord!